Du 13ème siècle à la Révolution par Joseph RÉTHORÉ

 

Avec l’affaiblissement de la féodalité, la vie de la communauté donzironne va battre au rythme des transformations et des difficultés qui agitent le monastère de Cluny, jusqu’au départ de ses derniers moines en 1791.

Dès 1237, Josserand IV, Sire de Brancion, fait l’hommage à l’abbé de Cluny et lui cède la châtellenie de Butte-à-Vent, à une lieu de Donzy, avec les villages voisins de Bray et de Cortambert. Ainsi prend fin la terrible menace que faisaient planer ces redoutables seigneurs, toujours à court d’argent, sur une population taillable à merci.

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Très rapidement la fortune de nos bourgeois s’accroît et, à partir du 13e siècle, ils commencent à acheter des terres. Nous voyons là, l’origine de bon nombre de propriétaires fonciers de Donzy, bourgeois de Cluny, qui occuperont une place prépondérante dans la vie de la commune jusqu’en 1830. Le Devant, Château, les Moulins à l’est de la commune leur appartiennent.

Quant aux seconds, les « ministériaux », ils relaient très rapidement les « doyens » du monastère dans leurs différentes « obédiences ». Ils sont les régisseurs locaux des propriétés des moines. À Donzy, ils ont la garde des forêts de l’Abbaye ClunisienneAbbaye : contrôle des déprédations causées par le bétail et perception des droits d’usage. Ils commandent aux journaliers, veillent à l’exécution des travaux de la terre, perçoivent les dîmes, reçoivent les cens et le redevances pour le compte de l’Abbé. Aucun écrit n’a gardé le nom d’une personne ayant occupé ces fonctions à Donzy. Par contre la village voisin conserve le souvenir de Jacques de Blanot comme Prévôt de l’Abbaye. Il était frère de Jean de Blanot, célèbre jurisconsulte du 13e siècle. Les descendants de ces serviteurs des moines bénédictins, profitant du déclin économique allant de pair avec l’effacement progressif du rayonnement de l’Abbaye, se tailleront de vastes domaines sur les anciennes terres monastiques.

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En 1156, Blanot est devenu un prieuré de l’ordre de Cluny ; et dans le dénombrement « pouillé » des biens de l’Abbaye, en 1513, l’église de Donzy « Ecclesia Donziaci Foraminis » est unie à celle de Blanot et rattaché à son prieuré. Ce point est important : il permet de comprendre la rivalité déclarée entre les deux communes au début du 19e siècle.

Blanot se prévaut alors de ces privilèges ancestraux pour réclamer le rattachement de Donzy à la paroisse-mère. Et de 1775 à 1826, Donzy est toujours mentionné sur les écrits religieux, comme « succursale de Blanot », desservie par le curé de ce village.

Ainsi comprend-on mieux l’émotion du curé de la paroisse lorsque l’annexe décide, dès 1791, de s’ériger en commune indépendante et que la nouvelle municipalité nomme Fouilloux procureur, Daguier maire et Descours officier public chargé de tenir les registres d’état civil à partir de 1793.

Pour la première fois de son histoire, Donzy prend en main ses destinées et les confie à trois vieilles familles de la paroisse.

d'après « DONZY-LE-PERTUIS EN HAUTE MOUGE, Tome 1 LE TEMPS DES PAYSANS de Joseph RETHORE »
aux éditions Groupe 71 - Images de Saône-et-Loire, pages 29 à 31.