À l'aube du 19ème siècle : 1793 - 1820 par Joseph RÉTHORÉ

 

Il est maintenant nécessaire d’esquisser un rapide portrait de la communauté donzironne telle que la révèlent les sources écrites à l’époque de la Révolution et du cadastre napoléonien.

À cette date, Donzy ne compte guère que trois cents habitants, moitié moins que Blanot. Mais l’évolution démographique amorcée à la fin du 18e siècle portera ce nombre à 314 en 1820. L’espérance de vie se limite à trente-cinq ans environ et la mortalité infantile atteint 28% des enfants.

Au moment de leur mariage, 77% des donzirons vivent de l’agriculture uniquement : 32% sont manœuvriers, 29% laboureurs, 13% fermiers et 3% vignerons.

Mais d’autres catégories socio-professionnelles apparaissent : un ménage de scieur de long, deux cabaretiers, un couvreur de lave et une famille bourgeoise.

En fait, bourgeois mis à part, il ne s’agit pas de classes sociales nettement distinctes ; et sur les quarante cinq ménages recensés en 1771, seuls cinq ou six agriculteurs de quelque importance émergent. Ce sont eux, pour une part, qui seront chargés de former la première municipalité ; poussés par les bourgeois de Cluny propriétaires à Donzy, ils entendront maintenir l’indépendance de la commune malgré les réclamations des édiles de Blanot.

Quant au reste des ménages, il est constaté de petites gens : manœuvriers ou journaliers, propriétaires de quelques arpents de terre et d’une maison, possédant parfois un attelage, le plus souvent une seule houe.

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Nous constatons d’abord l’attrait de la terre pour les bourgeois, puisque trente six propriétaires forains possèdent des parcelles sur la commune. Pour la plupart, Ils habitent Cluny où ils sont artisans ou commerçants, voire curé (deux d’entre eux).

D’autre part, le nombre des tous petits propriétaires parmi les habitants de Donzy est impressionnant. Ces gens, pour vivre, doivent travailler sur de plus grandes exploitations et mener paître leur menu bétail sur le domaine communal : on sait que les chèvres et les moutons étaient cause de graves déprédations entraînant de nombreux litiges. Les bois communaux leur fournissent bois de chauffage et bois d’œuvre.

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Attachée à une terre durement conquise, attirée par l’acquisition de propriétés convenables, jalouse d’administrer ses affaires communales, la communauté donzironne, essentiellement rurale, façonnée par son terroir et son histoire, va aborder les grands problèmes de l’époque industrielle sans jamais oublier son enracinement terrien.

d'après « DONZY-LE-PERTUIS EN HAUTE MOUGE, Tome 1 LE TEMPS DES PAYSANS de Joseph RETHORE »
aux éditions Groupe 71 - Images de Saône-et-Loire, pages 31 à 34.