Époque gallo-romaine par Joseph RÉTHORÉ

 

. . . La période suivante, qui s’achève avec l’établissement des Eduens dans le sud de la Bourgogne, voit l’installation des Celtes sur la commune ; en sont un indice, les mots d’origines celtique : Donzy, de Dun, extrémité de colline ; Champ-Poiloux est une déformation de Belouse, argile rouge ; la Roche vient de Roca, butte rocheuse.

. . .

C’est vraisemblablement au cours de cette période que commence le lent épierrement du sol sur les terrains calcaires, qui permet la culture des champs. Les pierres sont alors transportées en bordure des parcelles, servant à la fois de clôtures et de terrasses destinées à retenir la terre. Telle est l’origine des « murgers » qui découpent en puzzle le terroir de la commune. Ces murs en pierres sèches peuvent atteindre plus de deux mètres à la base. Certains de ces « murgers » renferment de petits abris, d’origine relativement récente, semble-t-il, appelés ici « Cadole d'Alice ». Nous en avons dénombrés dix-sept, dont l’une est de construction récente, ce qui tend à prouver que l’épierrement s’est poursuivi tout au long des siècles. Mais aucune de ces « Cadole d'Alice » n’émerge des « murgers » ; une seule a gardé la forme circulaire qu’on lui connaît en d’autre points de Saône-et-Loire.

C’est donc un terroir déjà largement mis en valeur, gagné sur la lande et la forêt, que la colonisation romaine va trouver.

. . .

Par contre, la paix romaine a, sans nul doute, permis à quelques villae (domaines) de se développer, puisque cette époque voit la fin des rivalités entre peuples de la « Gaule chevelue ». C’est l’une de ses rivalités, causée par l’invasion de notre région par les Helvètes, qui donna à César l’occasion d’intervenir avec les légions romaines.

. . .

Les Burgondes qui envahissent à leur tour le Mâconnais, au 5e siècle, ont laissé des traces de leur implantation sur le territoire communal.

La partie supérieure de la combe où naissent les sources de la Mouge s’appelle « En Goutange » (Goutte : source + suffixe : Ange de l’époque mérovingienne).

De cette époque également, date la subdivision de la grande « villa » qui a donné le domaine du « Villars » (écrit Villard), près duquel un laboureur a découvert, au début du siècle, au lieu-dit Champ-Poiloux.

En résumé, pour cette longue période couvrant plus d’un millénaire, on peut affirmer qu’une large partie du finage donziron est nettement marquée par le travail des hommes : toute la zone au sous-sol calcaire est déjà occupée et exploitée ainsi que des aires réduites sur les hauteurs granitiques surplombant les anciennes voies de passage : Mont-Épinet, Joux et le Devant.

Les tuileaux recueillis au Devant et à Joux permettent de repérer les larges tuiles à rebord « les tegulae » caractéristiques du toit romain. Elles seront remplacées au Moyen Age, dans cette région, par les lourdes dalles calcaires « les laves » preuve supplémentaire confirmant cette occupation de la commune au premier millénaire de notre ère.

d'après « DONZY-LE-PERTUIS EN HAUTE MOUGE, Tome 1 LE TEMPS DES PAYSANS de Joseph RETHORE » aux éditions Groupe 71 - Images de Saône-et-Loire, page 21.