Période médiévale par Joseph RÉTHORÉ

 

Mais c’est au cours des 10ème et 11ème, époque de grande mutation démographique, sociale et économique, que vont se dessiner, de manière durable, les contours actuels du finage donziron.

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Et pour la première fois, en 952, notre village apparaît dans les sources écrites : « Ager Donziacus ». Il est nettement distinct de « l’ager » de Cluny. « L’ager » est alors un territoire divisé en « villas » et en « manses », nous dirions maintenant en exploitations susceptibles de faire vivre des familles. Mais combien de « manses » y avait-t-il alors à Donzy ? Aucun document ne nous permet d’apporter de réponses.

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La plus grande partie de Donzy se trouve incluse dans les limites du second « Ban-Sacré ». N’en relèvent pas les terres de Mont-Épinet, de Château et du Devant, pour lesquelles les seigneurs locaux (Humbert d’Azé et le Sire de Berzé) réclament encore des redevances aux défricheurs qui étendent les surfaces cultivables dans les limites que nous connaissons aujourd’hui.

On peut donc considérer que le terroir donziron a, dès avant la fin du 12e siècle, atteint sa pleine expansion.

C’est également pendant cette période que fut construite la magnifique petite église bien connue des touristes, et que le village actuel s’est regroupé autour du petit cimetière qui la jouxtait.

Désormais, l’exploitation de la terre à Donzy est en dépendance directe de l’Abbaye Clunisienne : les propriétés du monastère cultivées sous le contrôle d’un moine, appelé « obédiencier » ou « doyen » Celui-ci sera bientôt remplacé par un laïc, sorte de régisseur pour le compte des moines.

Il est vraisemblable que la plantation des vignes, ici, remonte à cette époque : la pente bien exposée sous la Roche avec sa grande parcelle de vigne, arrachée au début du siècle, ainsi que le beau clos du Pavillon. On sait que les moines, pour leurs besoins, en favorisèrent la culture par la pratique du « comptant ». Cette pratique favorisera l’essor de la petite propriété foncière, telle que nous la trouverons à la Révolution.

Signalons enfin que l’un au moins des trois moulins sur la Mouge qui fonctionneront jusqu’à la fin du19e siècle date de cette période d’intense activité.

Peut-on savoir quel type de cultures était pratiqué sur ces exploitations - « manses » - « tenues » pour la plupart de l’abbé de Cluny ?

Pour l’essentiel, on produisait des céréales, base de la nourriture de l’époque. Nous savons que sur les terres du monastère, l’assolement triennal était pratiqué : une année, blé d’hiver ou seigle sur les terres légères ; la seconde, blé de printemps ; la troisième, la terre est laissée en jachère.

Sur les longues parcelles du Villard, à la Condemine notamment, on peut déjà utiliser la charrue tirée par quatre bœufs, comme cela se fera encore au début du 20e siècle.

L’élevage, sauf le petit bétail possédé par les familles, reste très limité. C’est dans les forêts et les landes du finage que l’on fait paître les troupeaux ; c’est là aussi que les « usages » permettent le ramassage du bois de chauffage, en attendant que quelques parcelles soient données à la paroisse : elles deviendront les bois communaux, base des actuels affouages.

d'après « DONZY-LE-PERTUIS EN HAUTE MOUGE, Tome 1 LE TEMPS DES PAYSANS de Joseph RETHORE »
aux éditions Groupe 71 - Images de Saône-et-Loire, pages 21 à 26.