PRÉSENTATION
 

En cette année 1974, la Guilde Européenne du Raid organise le « Raid Paris-Dakar » qui traversera le Maroc, le Rio de Oro, qui à cette époque était territoire espagnol, puis la Mauritanie et le Sénégal pour finir à Dakar. C'est sous le numéro « 24 » que mon inscription a été enregistrée.

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Notre attelageRené n'étant pas disponible pour une nouvelle aventure, je questionne mon entourage et demande à Michèle, secouriste à la Croix Rouge comme moi, si Claude, son frère qui vient de passer son permis moto, serait partant pour Dakar ? Pas dispo non plus mais... Michèle me dit qu'elle, ça ne lui déplairait pas de faire un tour de side-car au soleil.

Top là camarade, et c'est parti pour un tour qui nous a menés à la mairie l'année suivante, tour qui continue toujours.

La moto est une Yamaha 750 TX affublée d'un side-car châssis Précision et caisse Altus, carénage tête de fourche Hugon. Elle a été attelée et préparée par DB Motos.

Pour le ravitaillement en eau, nous avons opté pour un filtre à eau Katadin, qui nous a suivi lors de tous nos voyages et qui est toujours opérationnel.

Les lignes qui suivent sont extraites du « Cahier de voyage » de 64 pages, tenu au jour le jour par Michèle et les photos proviennent des diapos scannées par « Numérisation.com ».

Octobre 1974... Et oui, nous, nous sommes partis le jeudi 17 octobre 1974 car nous avions décidé de visiter le Maroc avant d'attaquer les choses sérieuses ! Nous sommes arrivés le vendredi 18 octobre à Marseille après un faux départ et un bivouac épique à Azé. C'est le matin du samedi 19, le Massalia, un ferry appareille à 11h45 au lieu de 10h30, pour nous conduire à Casablanca avec deux escales : le dimanche 20 à  Palma de Majorque et le jour suivant à Malaga, avec chaque fois possibilité de descendre à terre.

Le débarquement à Casablanca se fera le mardi 22 octobre 1974.

Traversée Marseille-Casablanca... (les photos)

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Nous avons vadrouillé au Maroc du mercredi 23 octobre 1974 au dimanche 3 novembre 1974, avec diverses fortunes et visité RabatSalé, Casablanca, les jardins exotiques de BouknadelFès, le barrage de Bin El Ouidane, les cascades d'Ouzoud, le pont naturel d'Imi-n-IfriMarrakech.

 

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Rabat, Salé. Déambulation...
Casablanca, la visite...

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Pronenade dans les jardins de Bouknadel...
Fès, le souk...

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Sur la route de Fès à Khénifra...

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Le Barrage de Bin El Ouidane en photos...
Les cascades d'Ouzoud et...

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le pont naturel d'Imi-n-Ifni...

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Marrakech en quelques vues...
 

À Marseille nous avions constaté une petite fuite d'huile et c'est à Casablanca puis à Fès que nous avons tenté de la colmater, sans succès.

Le lundi 4 novembre 1974 nous sommes allés au port de Casablanca pour intégrer la caravane du raid qui débarquait du Massalia. Puis la petite troupe prenait la direction de MarrakechAgadir et Goulimine (le nom actuel est Guelmim) avec la journée du mercredi 6 novembre pour les dernières mises au point avant la piste.

Nous sommes hébergés « Au rendez-vous des Hommes Bleus ».

Départ en direction de Zag le jeudi 7 novembre.

Vendredi 8, problèmes : deux pattes de fixation du tête de fourche sont cassées, on les démonte ; ensuite c'est le garde-boue side-car qui frotte sur le pneu, bidouille, on en arrache un morceau avec une pince, rien n'y fait alors on l'abandonne sur la piste. Puis c'est le tour du rétroviseur gauche qui quitte le navire.

Sur la piste les cailloux raclent les carters !

Au bout de 110 km, arrêt de la machine, c'est le disjoncteur qui a sauté avec les secousses, rien de grave. Par contre ça pisse l'huile par en dessous, carter percé, plus précisément c'est un morceau du carter qui s'est arraché au niveau d'une vis BTR. Et là commence une autre aventure : Michèle prend place dans la Gazelle Berliet qui me prend en remorque et moi, au guidon de l'attelage je dois me débrouiller pour maintenir tout ça dans les traces et dans la poussière !

Samedi 9 novembre, toujours en remorque, nous arrivons à Zag vers midi. Il est décidé de démonter le side-car, de le loger sur la cabine de la Gazelle, la moto chargée à l'arrière du camion avec nous deux comme compagnie.

En cours de piste, Michèle a repris place dans la cabine et moi un poste technique de surveillance de la dynamo du Berliet, assis sur l'aile gauche.

Dimanche 10 novembre 1974, passage en Algérie et halte à Tindouf.

 
 
 

Paru dans Moto-Revue n°2200 (!), (extraits)

J'ai souligné les lignes me concernant plus directement.

 

Grégoire Perrin nous câble...

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LES PREMIERS INCIDENTS

A l'aube du 8 novembre nous quittons l'asphalte pour piquer plein Est vers l'Algérie. Après 70 km, le carter de la BMW n°15 est percé par une pierre projetée par la roue avant. Une demi heure après la moto repartait, le carter rebouché par un boulon et du santofer, il faut dire que Michel Buisson, le pilote, avait déjà fait les deux Raids Orion et avait fait faire à sa BMW plus de 110 000 km. Somme toute, il avait quelques notions !

Un peu plus loin nous voyons le garde-boue avant de la Motobécane sur le bord de la piste, mais nous ne nous inquiétons pas car il ne faut pas hésiter dans de tels voyages à lâcher du lest !...

Nous continuons donc tranquillement jusqu'au moment où nous tombons sur les deux Yamaha 750 qui ont suivi l'exemple de Michel.

Là, malheureusement, seule celle attelée d'une remorque repartira par ses propres moyens. Le side-car continue en remorque derrière le camion. Saluons ici le courage du pilote qui a fait 60 km dans la poussière effroyable soulevée par les six roues du camion et qui n'a pas dû s'amuser pour tenir son side dans les passages de sable.

...

TINDOUF

Après cette petite digression, nous arrivons à Tindouf avec un observateur sur l'aile du camion pour surveiller attentivement la dynamo calée avec des sandows et des bouts de bois, le support ayant lâché, probablement d'émotion lors de la chute de la BMW.

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On charge 600 litres d'essence dans le camion, les vivres et l'eau. Et nous nous séparons de notre side Yamaha qui, une fois réparé, remontera par l'asphalte vers Colomb-Béchar et la France ; nous nous séparons également d'un BMWiste qui a eu sa moto « spécialement » préparée pour une traversée du Sahara avec un jeu minimum aux culbuteurs. Résultat : au bout du deuxième jour les deux soupapes d'échappement ont grillé !

...

 

 

LE RAID...
 
Quelques photos du « Raid » ...

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Lundi 11 novembre 1974. Nous ne sommes pas tout seul arrêtés sur le bord de la piste, François Lehmann, un BMviste a des problèmes de soupapes.

On nous indique un spécialiste des carters percés. Ce spécialiste me laisse me débrouiller tout seul au milieu de ces amas de tôle. Le premier essai n'est pas concluant, ça fuit !

Allons manger, nous verrons cela après. Au resto, un monsieur bien sapé nous dit - «  que si nous avons besoin de quelque chose, nous n'avons qu'à aller voir le sous-préfet. Notre « chef de mission » s'est mis d'accord avec lui pour que nous ayons ce que nous voulons » (merci Grégoire !)  . Le monsieur qui vient de nous causer c'est un architecte qui a fait ses études à Paris.

Nous passons chez le sous-préfet qui nous parle, il parle beaucoup cet homme, il me donne même des nouvelles du directeur de l'hôtel de Beni Abbès qui reçu étrangement les raiders du Raid Orion 2 et gendarmes algériens l'année précédente. Son plan de carrière en à pris un coup !

Il nous fournit une chambre d'hôte, il y en a une dizaine de prévu.

Nous retournons ensuite au garage où l'après-midi s'écoule à réparer, le soir voit le carter muni d'une nouvelle plaque en zinc cette fois car la souplesse de cette matière me semble mieux convenir pour épouser le profil du carter, l'essai sera pour  demain matin.

Mardi 12 novembre, je vais chercher la moto avec François pendant que Michèle commence à rassembler tout le matériel. A notre retour nous sommes satisfais, ça n'a pas l'air de fuir. Remontage du side-car, puis déjeuner à l'hôtel avec l'architecte, un de ses techniciens, un météorologue ou météorologiste, le procureur, l'inspecteur de police et un gars de la protection civile qui a récupéré six motards qui s'étaient égarés et les a remis dans le droit chemin. Fin du repas.

Pendant que François fait la sieste, nous montons sur les hauteurs faire quelques photos. nous regagnons notre chambre, nous sommes alors invités à boire le thé chez un autochtone qui nous emmène chez lui, nous présente toute sa petite famille.

Mercredi 13 novembre 1974, aujourd'hui nous commençons notre remontée vers l'Europe. François lui attend qu'un camion remontant vers le nord puisse le prendre avec sa moto. L'itinéraire algérien se passe sans histoire et le jeudi 14, nous nous trouvons à Beni Ounif, poste frontière côté algérien, formalités... Et c'est à Figuig, poste frontière côté marocain que nous entamons la remontée vers  Tanger. Avant de regagner le vieux continent, la visite de Tanger  s'impose.

Mercredi 20 novembre, on embarque pour Malaga. Traversée calme sauf pour Michèle qui n'a pas le pied très marin.

22h espagnoles nous arrivons, formalités, puis camping de Torremolinos, manger, dormir.

La traversée de l'Espagne se fera sans difficulté.

Le vendredi 22 novembre nous passons Madrid, où nous trouvons la pluie un peu après, elle nous accompagnera jusque un peu avant Orléans.

LE RETOUR...
 

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La remontée algérienne à travers l'objectif...
puis à nouveau le Maroc...

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et enfin l'Espagne et la France...

 

RÉSULTAT DES COURSES !
 

Nous avons donc fait plus de 3000 km sans garde-boue et sans lumière sur le side-car (les feux de positon se trouvent... sur le garde-boue.), avec un pneu lisse, pratiquement autant de km sans rétroviseur ; environ 1500 km sans voir grand chose à vrai dire car avec la pluie tout n'était pas toujours très net.

Puis vint le temps de tout décharger, de tout mettre à sécher et de constater que le pneu du side-car est à plat. Ensuite c'est la vague de surprises :

  • surprise de ceux qui ne nous attendaient pas avant le 16 décembre,
  • surprise pour nous de savoir qu'avec la grève du courrier aucune de nos cartes n'est arrivée,
  • surprise d'apprendre que Françoise, la sœur de Michèle, a téléphoné à la Guilde vendredi dernier (le 22), et qu'on lui a répondu qu'il y avait encore des motards à 600 km de Nouakchott et que le raid ne prendrait le bateau que le 7 décembre à Dakar et encore !

Tout a vraiment baigné dans le marasme et dans l'huile pour nous du début jusqu'à la fin ! Il y en a plus d'un qui se souviendra de ce raid « Paris-Dakar ».

Mais malgré tout, nous en avons tiré quelques leçons. Nous avons ramené nous-mêmes notre véhicule à son écurie parisienne et ce fut toujours le cas par la suite, nous avons beaucoup mieux préparé nos moto et autos avec, notamment, une réduction maximale des bagages, une autonomie pour notre carburant, eau et vivres ; mais cela fera l'objet de futurs articles.

Consultation des commentaires

#2 Bal le 13/11/2014 à 17h58

J'étais aussi de cette lointaine aventure : un Belge en Kawa 900 avec une remorque attelée.

Pour moi, tout s'était bien passé. Je revois encore parfois Michel Buisson dont il est question dans l'article de Grégoire Perrin ainsi que Patrick Edel qui a du être Président de la Guilde.

Amitiés

Jean-Louis Bal

 

#1 Jean Paul Garcia le 26/01/2014 à 14h20

Ho la la que c'est loin, et quel plaisir de tomber sur cet article....

Ben moi, le Suisse avec mon side BM r 60 / 5, j'ai vécu cet Dakar là, avec ce Berliet là et sa panne de boite....que de souvenirs, trop beau....

Et ce side là, que j'avais fabriqué, vit toujours, et oui...

Allez hop à vous tous, et toi Grégoire..je vous embrasse..

Jean-Paul garcia..Montreux Suisse

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