Raid des Oasis

« Ce fut une expérience formidable qui, je le pense, a changé ma vision de la vie, et par la suite, j'ai réalisé régulièrement des voyages turc, marocains, sahariens, algériens, tunisien, égyptien, italien... »

 

Kil vous offre quelques photos de sont Raid Orion 2.

Kil en action !

 

PRÉSENTATION

C'est mon histoire, l'histoire de Jean, chauffeur de taxi parisien, qui veut aller voir un peu plus loin que le périphérique et la banlieue...

Voir les 9 commentaires.

 

L'itinéraireDans un premier temps je vise le tour de France motocycliste et prends une licence au Moto-Club de Châtillon dans le 92. Pour cela je possède déjà une moto : une « Honda CB 500 Four ».

Puis je lis (si, si je sais lire), que la Guilde Européenne du Raid organise le Raid Orion, qui partira à Paris puis direction l'Espagne, embarquement pour le Maroc, direction l'Algérie, la Tunisie et l'Italie ou la France direct, c'est selon !

A cette époque, j'ai eu une envie de liberté, une envie de voyager et je n'ai pas pensé une seconde de l'utilité d'écrire un carnet de voyage pour un jour relater mes aventures.

Et en cette année 2013, ce sont de vieux souvenirs que j'essaie de faire remonter en regardant les diapos prises pendant cette randonnée motocycliste. Ces diapos ont été scannées par « Numérisation.com ».

LA DÉCISION

Après une visite à la Guilde, c'est décidé, ce sera l'Afrique, pas en deux roues mais plutôt sur trois roues. Mon inscription a été enregistrée sous le numéro « 21 ».

Je me mets à la recherche d'un side-car fonctionnel et me tourne vers l'atelier de Jean Murit (à cette époque rue Lacordaire dans le 15ème) qui attèle les motos des livreurs de presse. Je trouve rapidement le panier (la caisse) qui me convient : un side-car de presse Précision avec une grande caisse. Je dépose ma Honda et une semaine plus tard je récupère mon attelage.

Prise en main...

Mon premier contact avec cet équipage fut de ramener les trois roues du 15ème arrondissement à Champigny-sur-Marne dans le Val de Marne : « j'y voyais pas beau » comme on dit dans le Beaujolais. Après avoir parcouru mes cinq cents premiers mètres, sur les boulevards des Maréchaux, je stoppe l'engin et confectionne une jolie pancarte sur du carton ondulé trouvé sur le trottoir où j'inscris « Véhicule en panne » pour justifier la faible allure de ma rutilante monture. Je suis arrivé... entier mais pas très vaillant.

Dressage.

Le lendemain, je reprends la route, soit un petit kilomètre, pour aller chez mon motociste DB Motos pour lui présenter la bête. Il l'essaie et décide de faire un petit réglage des attaches du side-car. Et après cette intervention, c'est le grand pied !

L'installation d'un kit de transmission avec chaine duplex et couronne arrière sur mesure avec un nombre de dents réduit, adaptée pour la marche avec un side-car.

Je bazarde ma pancarte et je commence enfin à dresser la machine et surtout le pilote. Et oui, un attelage ne se conduit pas comme une moto solo ; la technique n'est pas la même suivant que l'on veut négocier un virage du côté du panier ou de celui de la moto.

PARTENARIAT

En discutant avec des collègues de mon projet, René, un émigré normand, chauffeur de taxi, me dit qu'il est prêt à aller voir avec moi ce qui se passe au delà du périphérique côté sud.

OK, ça marche, il suffit de mettre un siège dans la caisse et bon vent. C'est celui d'une 2cv Citroën qui est inséré et prêt à recevoir son passager.

Après plusieurs aller-retour en Normandie à bord de notre « vaisseau du désert » pour nous familiariser avec la conduite si particulière d'un attelage, nous nous sentons près pour la grande course au guidon de notre nouveau taxi.

DEMAIN C'EST LE GRAND JOUR

Tout est prêt... à être embarqué dans la caisse mais sans chausse-pied, est-ce que tout va rentrer ?

Le principal est que l'on n'oublie pas les deux jerricans, les quatre pneus de rechange, l'extincteur et la tente, la même qui m'a accompagné en Norvège avec la BMW R50, et qui a vu mes débuts de campeur en famille à Fontainebleau et Evry-Petit-Bourg (devenu Evry chef lieu du 91). La suite des événements nous a démontré que cette dernière, au mois d'août n'était pas une priorité sous ces climats.

Ce chargement, je l'ai fait tout seul ! Et oui René, te rappelles-tu de cette soirée passé avec Michel mon frangin ?

Une fois tout casé, au lit pour quelques heures, mais est-ce que j'ai vraiment dormir ?

 
Quelques photos pour illustrer les dernières mises au point...

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À PARIS AU TROCADERO, C'EST LE JOUR J
 

France - AllerParis, Jardins du Trocadéro. Nous sommes une centaine de motos de plusieurs nationalités au départ de cette aventure avec pratiquement que des routières, à cette époque l'on voyageait loin avec ce genre d'engin et en quatre roues c'était en 2cv ou en 4L.

Il y a plusieurs attelages, presque une dizaine (9, je crois) dont deux antiques Cemec. Elle ont  été immortalisées dans un journal à diffusion nationale sous le nom de « 7 mecs » !

Dans ce raid , la Gendarmerie Nationale avait délégué deux « Motards » en... BMW, ils n'étaient pas en uniforme et leur monture était banalisée et avait reçu une immatriculation civile.

Nous serons accompagnés par des voitures toutes aussi routières que nos motos, il y avait entre-autre une Citroën GS, une 404 Peugeot, une Simca 1100, une 4L avec deux frangins qui ont filmé ce raid (il y avait également une autre équipe de cinéastes pour mémoriser ce raid), etc..., et pour l'assistance technique un Peugeot J7 pour les BMW, une Estafette Renault et un Ford Transit dédiés aux Honda, et une Gazelle Berliet de l'Armée de Réserve repeinte en blanc pour la circonstance.

Pour nous accompagner, il y a là un ami et collègue Richard, et mon Paternel qui a fait les photos parisiennes.

Voilà, le départ est donné, les motos sont parties, et c'est escorté par les motards de la Préfecture de Police, que nous sillonnons la capitale puis la banlieue sud pour rejoindre l'autoroute A10, nos amis motards nous quittent alors et pour nous commence le début du voyage.

 
Les photos du départ, c'est ici....

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MAINTENANT DIRECTION L'ESPAGNE
 

À partir de maintenant, les photos sont du ressort René, moi je m'occupe de piloter et de l'entretien de la monture.

Nous roulons avec un petit groupe de cinq motos qui restera soudé pratiquement tout au long du raid, il y avait entre-autre un suisse surnommé « Kil » car pour kilomètre il disait kil, chevauchant une 500 Moto Guzzi Falcon mono-cylindre avec son volant moteur latéral et à l'air libre et son bruit bien caractéristique, Bertrand sur sa BM avec accrochée à une sacoche une cafetière, Hervé sur une Honda 350 munie d'un système d'alarme qui réagit au moindre frémissement ce qui va beaucoup amuser les petits marocains. Que les autres compagnons m'excusent mais leurs prénoms me sont sortis de la tête.

La première halte nocturne s'est passée en France, R.A.S. comme disent les bidas.

Pour ce raid, il n'y a pas d'itinéraire imposé, mais seulement des points de ralliement à respecter et ils ne sont pas très contraignants car le premier est à Algeciras pour prendre le bateau.

La traversée, sans tourister vraiment, s'est faite sans encombre, si ce n'est qu'au premier arrêt espagnol il y avait une réception et un poste de secours de la « Cruz Roja » le Croix Rouge Espagnole, j'en ai profité pour me faire soigner les ampoules que j'avais aux deux mains ; que deux jours de route, ça promet !

Nous évitons Madrid et empruntons des routes ou plutôt des pistes sans revêtement, bonne mise en forme pour le Maghreb.

Depuis notre arrivée en Espagne et jusqu'à notre retour en France, je ne me souviens pas avoir utilisé la tente, nous avons dormi soit à la belle étoile, dans des abris de fortune, des auberges de jeunesse ou de rares fois à l'hôtel comme en Algérie car la direction nous faisait des prix !

Nous avions rendez-vous sur le port d'Algeciras pour embarquer sur le ferry pour Tanger au Maroc.

En attendant au port, nous apprenons que la Gazelle Berliet est tombée en rade quelque part entre Paris et Algeciras, mais pas de panique une autre Gazelle est partie pour remplacer la défaillante ; s'est la première qui arrivera qui sera du voyage... et dans ce challenge, la Gazelle n°1 a retrouvé de la vigueur et s'est présentée juste à temps pour l'Afrique.

 
La descente de l'Espagne en quelques images...

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TANGER, PORTE DE L'AFRIQUE
 

Le débarquement se fait en grande pompe, un cousin du Roi et son épouse nous rejoignent avec leur Honda CB 750 Four. Ils vont nous accompagner pendant tout notre périple marocain.

Puis nous sommes pris en charge par les autorités policières qui nous font traverser la ville en convoi devant des marocains étonnés de voir autant de motos. Cette caravane qui s'étire sur plusieurs kilomètres à travers les oliveraies nous amène à Asilah à une cinquantaine de kilomètres de Tanger, nous occuperons pour la nuit un terrain de camping.

Le prochain point de ralliement est fixé à Ouarzazate avec un point facultatif à Marrakech pour regrouper les voyageurs avant la montée du Haut Atlas et la passage du Tizi n'Tichka.

Certains passeront par Rabat car il y aura une réception en notre honneur ou quelque chose comme cela, mais nous préférons passer par l'intérieur et prendre une journée pour visiter Fès. Nous prenons un guide à l'entrée de la Médina (ou c'est lui qui nous prend, je ne sais plus) et faisons la visite à notre rythme car nous sommes avec des preneurs d'images et de sons.

Comme nous ne sommes pas en avance car la visite de la Médina de Fès nous a bien occupés, nous ne faisons que passer à Marrakech et entamons la montée vers Ouarzazate : très impressionnant ! Le passage du Tizi n'Tichka se faisant de nuit et la fatigue n'aidant pas, dans la partie descendant vers Ouarzazate l'attelage part en sucette et je n'ai que le temps de dire à René, qui est installé à la place passager sur la moto, de sauter ne sachant pas si la moto se dirige vers le ravin ou la montagne et c'est tout seul que je m'emplafonne la montagne marocaine, debout sur les cales-pieds et me cramponnant au guidon.

Résultat : mes incisives heurtant et tordant le renfort de guidon. A partir de cet instant je ne voyais que la nuit noire et entendais que des gens s'affairaient autour de moi. Je ralliais Ouarzazate dans l'Estafette d'assistance Honda, et l'attelage a été pris en charge par le pilote d'une des Cemec, encore merci à toi.

Le soir là nous étions reçu au Club Med avec un buffet auquel je n'ai pas fait honneur car il n'y avait ni de potage, ni bouillie, mon râtelier étant hors d'usage. Nous étions installés sur un terrain, peut-être de camping, jouxtant le terrain militaire.

Comme la montée depuis Marrakech a fait, semble-t-il, quelques dégâts à pas mal de motards (le revêtement des routes sous cette latitude au mois d'août est plus liquide que solide), la décision est prise de rester ici une journée supplémentaire pour remettre les véhicules en état car la piste approche.

Dans la caravane il y a deux frangins (encore) qui chevauchent une Honda CB450 et qui sont motocistes à Belleville-sur-Saône, et spontanément, ils auscultent l'attelage et la conclusion est sans appel :

  • le tube de fourche est tordu et la roue avant a un drôle d'air incliné.
  • Solution : déposer la fourche et redresser le tube.
  • Question : il faut désaccoupler le side-car.
  • Solution : Je désaccouple le side-car.
  • Question : il faut débrancher les faisceaux électriques.
  • Solution : Je déconnecte les faisceaux, oui je suis chauffeur de taxi mais avant (et après aussi) je suis électricien.

Et nous voilà partis tous les trois la moto sous le bras, chez le forgeron pour chauffer et redresser le tube de fourche pour que la roue avant ait l'air moins tordu. Voila, c'est fait, les deux roues sont bien verticales mais pas dans le même alignement par rapport au cadre mais cela ne doit pas gêner sur un véhicule asymétrique comme un attelage ! Là encore je dis merci et chapeau.Le lendemain, le médecin du raid me conseille d'aller consulter au dispensaire de Ouarzazate avant de partir au cas où !

La colonne s'élance, René et moi restons. Je vais au dispensaire et en rentrant je me dirige vers le comptoir de réception en enjambant les patients qui attendent leur tour.

Après renseignements il n'est même pas sûr que je vois un médecin aujourd'hui. Dans ces conditions et après avoir fait le chemin inverse, sans écraser de patients, je retrouve René qui flâne devant le dispensaire et suite à un vote à main levée nous obtenons un résultat avec une majorité écrasante de deux voix pour partir de suite et zéro voix contre (abstention : 0, vote blanc : 0, votant : 2).

Nous rejoignons la troupe juste à temps pour le déjeuner : du lapin à ce qu'il paraît (mais CHAT c'est moins sûr). Juste à temps pour René car moi le temps de garer l'engin ils sont en rupture de stock, mais comme ma gencive supérieure n'est pas au top, cela ne me dérange pas de jeûner.

Notre séjour au Maroc va se terminer avec le passage de la frontière vers l'Algérie qui se fera à Figuig et nous dirons au revoir au cousin du Roi.

La frontière depuis la Méditerranée est à peu près définie et c'est à Figuig que cela commence à se corser. En effet un « no man's land » commence ici et va en s'élargissant plus on descend vers le sud. En face les militaires algériens ont installé des sacs de sable ! On nous raconte qu'un gugusse d'Europe du Nord a voulu faire le malin et franchir le no man's land sans prévenir et qu'il a été purement et simplement rappelé au près de ces ancêtres.

Le poste frontière marocain est installé dans une oasis de verdure.

 
Souvenirs argentiques du Maroc...

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L'ALGÉRIE, LE SAHARA...
 

De ce côté de la frontière la douane ne bénéficie pas de la verdure de leurs collègues marocains, et nous voyons tout de suite à quoi ressemble le désert du Sahara : du sable à perte de vue. Nous sommes à Beni Ounif.

Des motards de la Gendarmerie Algérienne se rejoignent notre caravane pour toute la durée de notre périple dans leur pays.

Nous empruntons la route vers le sud pour arriver à Béchar ou nous demandons au commissariat de police où pouvons nous bivouaquer, « mais là, sur la place du commissariat ». Nous installons le campement et partons à pied au messe, les militaires nous ayant aimablement conviés à passer le soirée.

Mais avant, je part avec Bertrand à la recherche d'un tailleur car il se sent mal culotté. Et c'est vêtu d'un « saroual » qu'il finira le raid (même en France), moi aussi j'ai investi dans ce vêtement que j'ai porté à Donzy !

Une nuit après, réveil face à la police, comme à son habitude Hervé a du mal à quitter les bras de Morphée. Petit déjeuné et départ encore vers le sud.

A la mi-journée, nous nous arrêter à Abadla ou plus exactement au carrefour de la route allant à Tindouf et de celle allant à Beni Abbès, pour nous restaurer dans ce que j'appelle une gargote, restaurants populaires typiques qui jalonnent les routes et pistes du Maghreb et que j'affectionne tout particulièrement, et après la sieste notre petit groupe se met en route pour  Beni Abbès, et c'est ici que le directeur de l'hôtel de tourisme nous propose un tarif spécial et pratiquement tout le monde se retrouve dans cette établissement. Le parking étant saturé de motos et autos du raid.

On consomme, on mange, on dort et le lendemain matin le même directeur veut nous faire payer le parking et devant un refus de tous ces clients, il charge l'employé du parking de relever tous les numéros minéralogiques des véhicules et obéissant aux ordres il s'exécute... relevant même, sous l'air amusé des raiders et des gendarmes algériens, les numéros des motos de ces derniers. Cette affaire a été classée sans suite pour nous mais l'année suivante, dans ce même pays, j'ai eu des nouvelles du directeur (pas bonnes pour lui), mais cela fera l'objet d'une narration future.

Départ dans la matinée vers Timimoun et quelques dizaines de kilomètres plus loin, nous nous arrêtons à un contrôle de la gendarmerie qui nous signale que si nous voulons nous baigner, plus avant, à quelques kilomètres, il y a un barrage qui s'est rompu et a formé un petit lac propice pour la baignade. Nous continuons jusqu'à la piscine et en profitons tout comme les gamins du voisinage, quand au de quelques minutes, ils détalent comme une envolée de moineaux en criant « land rover ! land rover ! » ce qui signifie que la police n'est pas loin, ici en Algérie les gamins craignent les uniformes !

Ce sont les gendarmes qui ont levé le contrôle routier et nous disent : « Tout va bien ? Les enfants ne vous dérangent pas ? ». Mais pas le moins du monde, il faut bien que tout le monde en profite de cette baignade providentiel. Et ils poursuivent leur chemin nous laissant barboter en compagnie des enfants revenus se mettre au frais.

Nous repartirons une bonne heure de trempage et de séchage au soleil, laissant la piscine toute entière aux gamins.

Timimoun. C'est ici que nous allons passer la fin de journée et la matinée de la suivante. Notre petite bande est invitée au Cercle-Piscine local où il n'y a pratiquement que des notables, fonctionnaires qui fréquentent l'établissement.

Reprise de la route après le déjeuner en direction d'El Goléa. Nous découvrons au gré de nos halte des oasis cachées au fond de gorges invisibles depuis le tapis d'asphalte et de sable. Des vendeurs de « Roses des Sables » et « d'Améthystes » nous guettent à chacun de nos arrêts. Régis, un toulousain, c'est joint à notre bande !

El Goléa. Fin de journée calme, les images du désert plein la tête. Flânerie dans l'oasis. Repas dans une gargote où un client essaie de nous vendre un jeune fennec, mais personne de la troupe ne semble pris d'affection pour le petit « renard des sable » et il repart avec son maitre ! Nous passons le nuit à la belle étoile, à quelques kilomètres d'El Goléa, en remontant vers le nord.

Un groupe de quelques hommes se dirige vers nous, engageant la conversation sur des sujets divers et variés, soudain, alors que Régis participant à la conversation décline son lieu de résidence : Toulouse, l'un d'eux explose de joie en lui disant « Mais alors tu est de chez moi ! » bien que des deux, c'est Régis qui a le plus l'accent toulousain, nul n'est prophète en son pays ! Prochaine étape : Ghardaïa, la capitale de la Vallée du Mzab.

Ghardaïa nous avons posé nos sacoches pour plusieurs jours dans une auberge nomade, c'est une auberge où les bâtiments sont faits de marabouts (tentes), et où nous avons droit à la baignade dans le réservoir d'eau ! Une Fantasia nous est offerte organisée par les communes de l'oasis.

Les motards de la Gendarmerie Algérienne qui nous compagnes depuis notre entrée dans leur pays proposent aux raiders de participer au « Tour de l'Algérie Motos » comme invités à ce rallye. Ceux qui vont accepter cette invitation continueront leur route vers Alger.

Après ces quelques jours de repos, les raiders ont deux options : passer par la Tunisie, ou par Alger. Nous avons choisi la Tunisie, alors direction Ouargla, pour cela il faut rebrousser chemin, juste 26 kilomètres, mais dans décor et malgré la fatigue ce fût grandiose. Les villes se succèdent, TouggourtEl Oued, et bientôt la frontière.

Nous sommes arrivés dans la matinée pour les formalités d'usage, et comme l'on nous l'avait signalé, les douaniers et policiers des frontières nous ont fait attendre midi passé pour commencer leur travail et comme il fait chaud, on économise ses force ! Cela nous a permis de voir tout un tas de petites bêtes qui gravitent au ras du sol et notamment des scorpions.

Là il n'y a pas de no man's land mais les postes douaniers algérien et tunisien sont distants de plusieurs centaines de mètres.

Au revoir Algérie.

 
Images d'Algérie, du Sahara...

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LA TUNISIE, UN PEU DE RÉPIT
 

Après les formalités douanières nous nous arrêtons à Nefta dans un hôtel, ce

qui va nous permettre de récupérer un peu. Nous flânons dans les jardins de l'hôtel, un homme nous accoste et nous explique que ce soir dans un resto dont j'ai oublié le nom (mille excuses !), il y aura une fête qui a été sollicitée par l'organisation du Raid, la Guilde. Il nous explique comment se rendre sur les lieux, et l'horaire.

Visiblement personne n'est au courant de cette réception et nous nous retrouvons une petite dizaine de convives, pour être large, à répondre à cette invitation. Les organisateurs tunisiens sont très déçus et nous montrent le courrier officiel leur demandant d'organiser cette fête.

Peu importe, ils sont décidés à la faire cette réception, inutile de vous dire que de la nourriture « y en avait pour faire » comme on dit en Bourgogne. Nous avons eu droit à un groupe de musiciens et en fin de repas, les femmes raiders ont été amenées par leurs congénères tunisiennes à l'arrière de la salle et à leur retour, elles avaient revêtu la tenue locale et accompagnées par les musiciens, ont été initiées aux danses traditionnelles tunisiennes.

Nous sommes retournés tôt le matin à notre hôtel avec de la joie plein la tête.

Le lendemain nous reprenons la route en direction de Tunis, et quelque temps après notre départ, un bruit de claquement provenant de l'arrière de la moto nous fait stopper. Un bref coup d'œil, c'est le pignon arrière qui a mal aux dents, plus exactement qui n'a presque plus de dent ! Il est décidé d'alléger au maximum l'attelage, René trouve une place sur la Honda CB 350 Four de Gonzague, qui l'amènera jusqu'en France avec quelques bagages.

Comme nous ne savons pas si la Gazelle d'assistance suit le même itinéraire que nous et qu'il en est de même pour les deux véhicules dédiés aux Honda, je vais « tacher moyen d'y faire » pour ramener le tout à la maison. Je vais tendre au maximum la chaine et l'utiliser comme une courroie.

Démarrage en souplesse, en côte : à éviter, tension de la chaine à effectuer souvent. Bertrand m'escortera dans la remontée depuis Marseille et jusqu'à Paris, et nous n'avons pas fait d'excès de vitesse !

Pour moi le défilé dans Tunis ne fut une partie de plaisir, au gré de ma lente avancée, à chaque carrefour ne voyant pas par où je devais me diriger, plus aucune moto dans mon horizon, je questionnais les spectateurs tout en roulant à allure modérée et eux ils m'applaudissaient.

J'ai tout de même réussi à rejoindre la troupe à la réception officielle où j'en ai bien profité pour ne restaurer au buffet.

Nous avons pris ensuite le route de Carthage pour être hébergés à l'Auberge de jeunesse.

Puis l'embarquement sur un bateau dont ce sera sa dernière traversée le « Kérouan ». Ce n'est pas un ferry, les véhicules seront embarqués à la grue, c'est pour cette raison que la Gazelle Berliet sera rapatriée par un autre moyen.

Nous arrivons au terme de notre périple sur le sol africain, nous avons parcouru quelques 7000 kilomètres et il restera la remontée vers la capitale pour nous remettre dans la peau d'un citadin.

 
La Tunisie, les dernières photos de l'afrique

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BILAN...
 

France - RetourNous avons opté pour la classe économique et à l'embarquement, à l'entrée du pont éco, l'on nous remet un transat qu'il faudra défendre tout au long de la traversée sous peine de terminer la croisière sur le parquet.

Traversée sans encombre, tout le monde à été bien sage, nous voyageons sur ce pont avec des tunisiens qui rentrent de vacances et vont, comme nous, reprendre le boulot en France.

Je tends la chaine... pour le moment cela fonctionne pas trop mal. Nous faisons, Bertrand et moi, une pause à Belleville-sur-Saône et essayons de voir les frangins à leur boutique sans succès, ils doivent décompresser, nous n'allons pas les déranger.

Lors du passage chez DB Motos, il fut étonné de voir dans quel état se trouvait la couronne arrière, le fabriquant aussi, elle a été remplacée sous garantie.

Hormis cette couronne, le bilan se résume à :

  • Deux pattes de phare avant, elles se sont cisaillées au Maroc avec les vibrations, remplacées à Ouarzazate après le redressement de la colonne de fourche, elles n'ont pas tenu bien longtemps.
  • La remise en état de la fixation des anneaux Neiman côté droit du side-car.
  • Remplacement des silencieux d'échappement.
  • Vidange, graissage, filtres...
  • Réglages moteur.
Résultat des courses...

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Consultation des commentaires

#9 Renaud le 02/03/2017 à 01h36

Merveilleux récit qui me rappelle le Raid de l'Amitié que j'ai fait dans les années 80 en Algérie, passant aussi par Gardaïa.

 

#8 Jluc Herbs le 15/01/2017 à 20h10

Merci pour ce cite bon boulot

Je voulais savoir ou je pourrais trouver des outils pour démonter le moteur je vous remercie a tous pour vos réponses

Jluc

 

#7 jacquot le 27/08/2016 à 09h48

merveilleux voyage que je viens de faire par procuration dans ce petit matin d'insomnie en gréce ou je me balade ( pas en moto) . moi aussi en 73 ,j'avais 11 ans mais en 80 j'éatit près à partir à taman avec un pot avec un 125 xsl je crois,, puis .. celà ne s'est pas fait !

Il aura fallu une nuit chaude et 35 ans pour revivre ( un peu l'aventure) . Après tout de même quelques motos ( twin 125, 350 cb, 360 cg,...) il me reste dans le garage une vielle R50/2 ancienne presse achetée une bouchée de pain à Paris il y a plus de 30ans et à qui je viens de trouver un copain : porteur précision encore siglé France inter.

Encore un grand merci à vous et bravo pour les photos et surtout la mémoire; c'est décidé , avant de ne plus pouvoir , je le ferais ce raid sgrgongengneu , meme si maintenant on ne passe malleureusement plus par les memes contrées !!!!

 

#6 François Develay le 17/03/2016 à 14h15

Bjr Guillaume,

Qui est votre père sur Cemec en 1972 ?

Merci

 

#5 Albert Nicolet le 13/02/2016 à 00h06

Bonjour, je suis l'amie de "kil", alias Albert Nicolet, le suisse qui a participé au raid Orion 2, sur une guzzi 500 falcon. J'ai lu votre article très intéressant sur le sujet et je recherche des photos de lui à cette époque. Merci d'avance !

 

#4 zmar le 26/08/2015 à 09h55

Bonjour,

J'ai lu avec grand plaisir et aussi avec beaucoup d'émotion votre récit.

J'ai moi aussi participé à ce raid. J'étais journaliste photographe et j'ai couvert cet événement pour fournir en photos La Guilde du Raid et d'autres magazines moto. BMW avait prêté une moto au journaliste (PY.R) et moi pour participer à ce raid.

Quelques événements de la vie ont fait que j'ai perdu toutes mes archives. Je suis toujours en contact avec PYR, nous sommes des vieux amis.

J'ai, bien sûr, quelques souvenirs de cette aventure, différents des vôtres car chacun a sa propre aventure. Mais vous m'avez rafraîchit la mémoire ne serait ce que sur l'itinéraire .

Nous nous connaissons pas, mais je vous transmet , cher camarade, mon plus fraternel souvenir. MZ

 

#3 Jaime le 16/10/2014 à 00h52

Bonjour, je suis espagnol de Cadix et je me revien du Raid Orion 2 pendent l'atteinte por embarquer dans le port de Algeciras. Ici vous pouvez voir des photos:

http://jaimebarriga.blogspot.com.es/2014/10/raid-moto-paris-orion-1973.html

 

#2 Henri le 14/12/2013 à 00h18

Bonjour,

 

J'ai pris plaisir à lire ce raid ORION II.

En 73 je n'avais que 11 ans mais c'est un peu plus tard en 82 que j'étais du Raid Orion IV Paris - Mer Rouge ... 12 000 km sur un fabuleux parcours ... Italie Yougoslavie Bulgarie Grèce Turquie Syrie et la Jordanie avec une incursion en Arabie ...

Puis, ayant pris le virus, ce fut des raids africains, un peu sur vos traces mais encore plus au sud.

Un regret, les raids Orion ne sont plus.

Bonne chance dans vos recherches.

Cordialement

 

#1 Guillaume le 09/12/2013 à 22h49

Bonjour,

je recherche des photos et surtout la vidéo du raid mais celui de 1972 pour mon père(équipage des Semec). je peux partager des photos si vous le souhaitez. Cette vidéo est introuvable auprès de l'AFP.

Pourriez-vous me donner des pistes?

Cordialement

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